Voyage au bout de l’ennui ou l’aventure provinciale.

Ceux qui me connaissent savent que je suis un poil à cran ces temps-ci.

Alors j’entends déjà les connards ricaner et je devine, sans mal, les sourires goguenards des idiots satisfaits, que mon mépris complet asperge. Bref, tout chez vous semble dire : « aigri comme t’es, ça changera rien à d’habitude » et pourtant cette fois-ci, c’est pire.

« Mais quelles sont les raisons de ton ire doux barbu à l’éloquence aussi flamboyante qu’un moine bouddhiste au milieu d’un carrefour indochinois », me demanderiez vous, si vous étiez de vrais amis.

Eh ben c’est la faute des chinois. Enfin je dis chinois… je parle de mes voisins. Et comme c’est un peu salaud de jeter l’opprobre sur 1 milliard et demi de gens (sans doute plus pour ceux qui savent pas faire la différence…) alors que 3 me font la vie misérable, j’ai décidé dans ma grande mansuétude de les appeler : « les connards ». Donc depuis 1 mois et demi ces connards de voisins font un raffut pas possible, la nuit, le jour, cognent dans le mur mitoyen et ce malgré mes remarques répétées (oui, tu vas arrêté de cogner dans le mur connasse c’est une remarque)… bref en un mot comme en cent, je ne dors plus et la promiscuité de la vie parisienne ME TRANSPERCE L’ANUS, tout simplement.

Là, au cœur de ces errances nocturnes, médusé sur ce radeau qu’est mon lit, les yeux hagards et la raie humide, il m’est venue une idée légèrement idiote ; je me suis dis : « Paris quel enfer, je devrais peut être partir»…

Autant vous le dire tout de suite, moi j’aime vivre à Paris. J’ai pas d’horaires imposés, je suis pas obligé de prendre les transports, je peux avoir les musées rien que pour moi en semaine, bref il ne manque qu’un salaire mirobolant et ça serait au poil. Mais ils sont nombreux autour de moi à partir et les excuses ne manquent pas : qualité de vie, gamins… que des raisons de merde qu’invoque des gens tristes pour se donner du courage. La preuve : si le départ se faisait avec envie, on ne te dirait pas « tu viendras nous voir  » ! Non, désolé connard !c’est toi qui part, c’est toi qui viendra me voir. Ou alors je suis défrayé… C’est la moindre des choses… Surtout pour écouter des banalités une fois sur place. ..

« ah noooooon mais on est plus détendu ici…. » aaaaaaah la qualité de vie… un clodo reste un clodo ou qu’il soit et pourtant c’est souvent la première raison pour partir.

Persuadés que la vie sera plus belle ailleurs, certains fuient la capitale pour une autre grande ville… Ah ! Les cons ! Ils ont pas encore compris que le problème ce n’est pas la ville, c’est les gens. A Marseille y a le soleil, à Lille la bière, à Toulouse la saucisse, à Lyon les bouchons, à Bordeaux les clubs fist fucking mais une chose ne change pas : les centaines de milliers de gens avec qui tu dois partager ton espace vital (une notion chère aux nazis (comme quoi…)). Oui, dans ces villes il y a moins de monde mais elles sont aussi moins grandes, ce qui doit conduire peu ou prou aux mêmes résultats : les bouchons, les loyers délirants, les transports et le plus souvent des accents débiles. Bref, c’est complètement con.

Mais il y a plus con.

Il y a ceux qui partent dans une ville de taille plus petite. Limoges, Beauvais, Soissons, Brest que des destination carte postale… Ce qui est amusant dans les grandes villes c’est qu’elles essayent de se donner un genre. Généralement villes bourgeoises, elles ont tout d’un mini Paris concentré sur quelques rues. Dans les plus petites villes, on ne fait pas d’effort, on sait ce qu’on vaut. Je vous garanti que trouver un endroit où bouffer à Dijon, passé 19H30, c’est une gageure. Prisées de ceux qui croient encore pouvoir faire carrière mais qui veulent faire des gosses, avoir des chiens et des Citroen Picasso, ces villes sont juste le mouroir de la passion, un autel à la vie tiède et chiante, une tourtel twist existentielle. Et autant, quand on te dit : « tu viendras nous voir à Bordeaux » tu réponds « ok, faut absolument que j’aille dans ce club dont vous m’avez parlé » autant quand on te dit « tu viens quand tu veux à Nancy »… bon… on ne trouve jamais assez d’excuses pour ne pas venir à Nancy.

Mais il y a plus con.

Certains, plus lucides ou plus fous, choisissent de partir directement à la campagne. Neo-paganisme, adepte du yoga ou du retour aux racines, ils se trouvent un coin paumé et au mieux asperge de pognon et de suffisance le patelin ou ils arrivent. Au pire, ils veulent s’intégrer et dans ces cas là, tous les moyens sont bons pour ressembler aux croquants. Et que je te fais la fête du pain, et que je te fous les gamins à la danse folklorique. C’est le genre de cons qui ouvrent les fenêtres, respirent à plein poumons en te disant :« on est pas bien là ? » pour cacher le bruit de l’énorme tracteur du gros pequenaud de voisin qui étale son lisier à 300 mètres.

« nous on a des toilettes sèches et on mange les légumes de notre jardin »

Et tout ça pour quoi ? « la qualité de vie, putaiiiiiiiin ». QUELLE PUTAIN DE QUALITE DE VIE IL PEUT Y AVOIR EN VIVANT AU MILIEU DE NULLE PART ??? Alors oui, tes tomates malades ne sont pas aspergés de produit toxique mais bon… Ce n’est déjà plus vivre, que de vivre à la campagne et autant on peut apprécier la chose 3 jours, autant quand on dépasse la semaine, c’est l’ennui et la monotonie qui vous gagne ! Qui vous glace même. La campagne c’est le vide absolu, l’emmerdement le plus total, c’est pire que le Rien, c’est le Néant. « C’est mieux, le vert, pour les enfants » et le glyphosate, on en parle ? Et quand, refaisant exactement le chemin inverse, votre gamin vous laissera à votre solitude campagnarde, et que grabataire vous finirez mort de faim ou de froid et dévoré par le chat, on en parle ? Et je passe volontairement sur les cancans, les rumeurs, les assassinats camouflés et les histoires de famille scabreuses.

Alors oui j’en fais peut être un peu trop. Mais si peu.

« Moi d’abord la campagne ,faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part »

C’est pas moi, c’est de Céline. Alors, oui, la vie parisienne est stressante et les parisiens sont des cons mais n’oubliez pas qu’ailleurs c’est pareil : ou que vous soyez, vous serrez malheureux. Alors voilà une proposition : Puisque, si vous partez je serais malheureux, et que, comme on l’a vu, où que vous partiez vous serrez malheureux, autant rester comme ça vous serez malheureux mais pas moi ! En attendant les voisins, c’est de la merde, ça dégage.

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