Je suis une cocotte minute.

Voilà, ce soir, c’est Halloween. Le seul moment de l’année ou on trouve une utilité à la citrouille, le légume le plus abject après la blette. Alors, comme des connards, vous allez tous vous déguiser et ça sera bien marrant, HEIN? ON VA BIEN SE TAPER SUR LES CUISSES EN RIANT DU DIABLE HEIN? COMME DES GROS CULS DE RICAINS DE MERDE! On va jouer à se faire peur , « regardez j’ai mis un costume d’Harvey Weinstein », « pas mal ton déguisement de Finkelkraut »…

VOUS N’AVEZ RIEN D’AUTRE A FOUTRE VRAIMENT ?

oui, ces temps-ci je suis comme une cocotte minute (mais moins pratique puisque je ne peux pas cuire un pot-au-feu à l’intérieur de moi. (ou alors il aura un gout à chier)).

Sincèrement à quoi bon Halloween, vous n’avez pas encore remarqué que c’est tous les jours, le film d’horreur. C’est pas compliqué, y a tellement de sujets qui me font chier que je sais même plus vers quoi aller. Le harcèlement, l’Espagne, les 2° qui vont détruire le monde, Polanski, la retraite de Christine Boutin et vous, vous voudriez quoi? Que je vous parle de mes voisins chinois (quoiqu’à la réflexion ils doivent plutôt être thaïlandais ou vietnamien (je suis quasi bilingue chinois j’ai vu toute la shaw brothers) qui font beaucoup trop de bruit et qui prennent la cour pour un dépotoir ? Vous voudriez que je vous parle de ce livreur qui livre mon colis au numéro 9 alors que j’habite au 7  (en vrai je devrais le faire les stats étaient excellente) ?

Déso pas déso, c’est trop la merde pour se bidonner.

D’ailleurs certains l’ont bien compris. A commencer par tous les connards qui écrivent pour les torchons numériques. Pas d’aigreur ici de ma part (enfin un peu si mais elle est tout a fait justifié) juste une constatation.

Tenez, l’autre jour je parcourais ces infâmes pages numériques en espérant y trouver un sujet et je suis tombé sur un article poignant. Une dame nous expliquait qu’elle militait pour des cabinets unisexe afin d’arrêter de se demander si elle doit aller aux cabinets des hommes ou des femmes ; l’Épreuve était trop grande, le jugement trop sévère. Elle hurlait sur des pages sa haine du patriarcat qui l’obligeait à aller poser son soyeux séant sur la lunette étincelante des cabinets pour dame.

Je dois vous avouer que j’ai pas lu le dernier paragraphe, je me suis armé d’un pied de biche et, tel un templier de la justice sociale, j’ai arraché d’un petit coup rageur toutes les ornementations de cabinets tant honnies.

Oui, il y a des colères saines et des combats justes.

Après ma petite croisade je me suis étalé dans mon fauteuil de bureau, satisfait. J’ai posté un petit statut facebook, un petit tweet aussi, pour dire combien j’étais engagé, voire précurseur, dans cette lutte pour les cabinets unisexe. Et j’ai attendu la pluie de like et de retweet. J’ai attendu… mais rien.

La putain de sa race aurait dit Roger Hanin! Qu’attendait donc tous les manants de la pensée pour me récompenser de mon engagement. ILS SONT OU MES « sérieux, merci pour ça! » ou les « trop bien écrit, trop beau » ? Alors quoi? j’ai pourtant sué, j’ai mis de la belle émotion alors bien sûr c’est pas un texte post attentat mais merde…

Frappé en plein cœur le porcinet (j’ai cru que c’était une crise cardiaque au début mais en fait il parait que ça fait mal dans le dos les crises cardiaques (je vous confirme des que j’en fait une promis))! Et ce n’était que le début! A ce moment là, des gens ont commencé à écrire des choses horribles: « on s’en fout », « tu sais je crois que ton combat est quand même un combat d’arrière garde », « tu crois pas que le climat ou la guerre dans le monde c’est plus important »… Le monde était il devenu fou? Mes petites angoisses personnelles n’intéressaient plus personne? Qui allait me donner l’estime dont je manquais cruellement? Il s’est alors mis à pleuvoir, mes larmes se perdant dans la tempête comme des gouttes dans l’océan…

C’est à ce moment là que je me suis réveillé couvert de sueur et de pipi.

Tout ceci n’était qu’un vilain cauchemar et… OH MON DIEU… il était là, l’article, me narguant, me traitant de sexiste, de rétrograde… Il s’est alors mis à pleuvoir, mes larmes se perdant dans la tempête comme des gouttes dans l’océan…

C’est à ce moment là que je me suis réveillé couvert de sueur et de pipi.

Bref, la routine dans un film d’horreur pas terrible.

Vous savez, je ne sais plus si c’est Hannah Arendt ou Nabila qui disait: « c’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal », elle devait parler probablement penser à Hitler ou Staline. Le vide de la pensée il est toujours là, immuable, la seule différence c’est que maintenant c’est toujours plus de vide qui le rempli. A force de s’indigner de tout, on ne prend plus vraiment conscience de rien, on attend juste son petit su-sucre en attendant que le navire sombre.

J’espère que je vous ai miné le moral et que vous n’aurez plus envie de faire chier le diable ce soir et si c’est toujours le cas, sachez qu’halloween c’est de la merde, ça dégage.

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