Rendez-vous foutage de gueule; calculez votre indice DHRV.

Aaaaaaaah ça faisait longtemps que j’avais pas fait un petit billet réunion/ rendez-vous hein ? Et ça vous avait manqué j’suis sur (et si c’est pas le cas, fermez bien vos culs) !

 Bon ça me fait mal au fion de l’avouer mais, en ce moment, ma vie est aussi mouvementée qu’un épisode de Derrick. En fait non, parce que dans Derrick, y a toujours un meurtre, ça crée du rebondissement ! Dans ma vie, y a même pas de meurtre (et j’aime autant si ça doit être moi la victime ! (en revanche si c’est moi le tueur faut voir…)). Alors, si j’abordais plus trop le travail, c’est qu’en 9 mois, la colère est bien morte. Avant j’étais là, à rager, je dénonçais (sans donner de nom (c’est courageux…)) le manque d’audace des producteurs, mais bon la connerie ça se dénonce une fois… deux fois à la rigueur quand les lecteurs sont un peu cons… mais plus, ça fait aigri (et j’aime pas qu’on dise que je suis aigri (d’abord parce que c’est pas vrai et ensuite parce que ça me fait chier quand on me dit ça, pour la bonne et simple raison que c’est pas vrai (Je vous accorde que j’ai pas beaucoup d’arguments (mais si vous n’étiez pas si égocentriques, il y a longtemps que vous vous seriez penché sur ma personne découvrant ainsi un caractère doux et sensible, une fibre poétique, une nature exquise et une grosse bite et que je n’aurais plus besoin de me défendre bec et ongles pour faire reconnaître mon statut de non aigri)))). Maintenant, j’ai l’habitude de recevoir des « trop perché », « trop court », « trop long », « pas notre cible » et je me contente de rêver du jour où j’aurai enfin la possibilité de leur dire « je m’en branle de ta gueule de merlan »… ou quelque chose s’en approchant.

Pas besoin de faire un dessin, la palpitante histoire de ma carrière n’a plus rien de palpitante. Je suis même plus heureux de me rendre en rendez-vous. En fait, j’ai même l’impression que les rendez-vous durent de moins en moins longtemps !

L’autre jour, j’avais rendez-vous avec un mec, le genre pointure, trente ans de métier, le type d’énergumène qui peut vous lancer votre carrière. C’est donc tout naturellement que j’arrive en chiant dans mon froc avec dix minutes d’avance. Je patiente, tranquille. Je bois un café, tranquille. J’imagine déjà ce que sera ma vie si jamais mes projets aboutissent. J’imagine déjà les coups de fil, les rendez vous avec des prod, les « Stany t’as des idées ? parce qu’on adore ce que tu fais », les « ton univers est vraiment sympa » et je me vois débarrassé de cette corvée de vous écrire un billet tous les mercredi, vous expliquant avec suffisance et paternalisme que j’ai vachement mieux à faire que ça  (je vous rappelle qu’à la base c’était pour écrire un peu toutes les semaines… (OUI ! et de 3 billets par semaine, tu es passé à 1 billet de temps en temps salopard ! (l’inspiration tout ça…)))! Bref c’est la raie suintante d’émotion que j’attends fébrile l’arrivée de mon pygmalion… qui est visiblement en retard.

C’est pas graaaaaaaaaaave… non c’est pas grave, mais ça fait chier. Finalement, le gus arrive avec 25 minutes de retard. « Navré, mais on a pleiiiiiiiiiin de trucs sur le feu en ce moment »… Ben je m’en fous moi !… « Bon allez on perd pas de temps parce que je dois partir dans 30 minutes ». Merveilleux. Auparavant j’étais un rendez vous d’une heure mais comme je suis de la crotte, je me transforme en rendez vous d’une demi heure. Mais qu’a cela ne tienne, je défendrai ce que j’ai à dire.

« Alors c’est quoi ton parcours ? »

« Tu préfères pas qu’on parle de mes idées VU QUE T’ES ARRIVE AVEC TRENTE PUTAIN DE MINUTES DE RETARD ??? »

« Non j’aime bien savoir avec qui je bosse, connaitre les parcours, les personnes… »

Ahah… ben ouais je vous avais pas dit que c’était mon premier rendez vous avec ce type ?… Et lui, il s’intéresse aux gens. Comme ça, pour faire le zazou. Alors que les autres mecs qui font son boulot partout dans le monde, ils s’en branlent. Alors je perds dix minutes à parler d’un parcours laborieux. Et lui passe quinze minutes à raconter comment il a pu se hisser où il est maintenant… C’est marrant cette façon de faire… « Ah ouais t’as escaladé le mont blanc ?… BEN  MOI J’AI GRIMPE L’EVEREST AVEC MA BITE ET IL EN REDEMANDAIT… »… Bref c’était très intéressant.

Viens ensuite le « alors rappelle-moi un peu l’histoire »… C’est l’autre aspect du micro rendez vous. Parce que non seulement tu es une variable modifiable dans un agenda mais tu es aussi négligeable. Les « on va relire le texte ensemble », les « faisons un point, déjà », c’est la même chose, ça veut dire : « ohlala… Je sais même plus pourquoi je t’ai dis de venir… ». Alors on passe cinq minutes à reparler de sujet… Je vous rappelle qu’on a trente cinq minutes, que j’ai parlé dix minutes de moi, qu’il a parlé quinze minute de lui … Si on ajoute à ça les formules de politesse, « soyez le bienvenu, puis je vous prendre toute de suite en bouche » et « cordialement, je vous crache dans le cul » on est déjà à trente deux minutes…

Il reste donc trois minutes pour échanger. Et heureusement qu’il ne reste QUE trois minutes. Parce que comme dans tout bon micro rendez vous, le mec te sort un « bon alors, qu’est ce que tu m’as ramené ? », sous entendu « depuis que tu m’as envoyé ton texte, j’imagine que tu as beaucoup travaillé dessus et que c’est prêt a tourner ». Toi tu vas répondre « j’attendais tes retours »  qu’il faut comprendre ainsi : « je vais pas bosser pour des clopinettes, file moi de la thune et on verra ». Alors le type te fait quelques remarques à l’emporte pièce et tu n’as pas le temps d’argumenter puisqu’il doit partir.

Bilan des courses, tu repars déprimé, sans être plus avancé pendant que l’autre se fait offrir une entrecôte charolaise à l’hippopo ! ET MERCI BIEN!

Vous vous rappelez du premier billet ? Celui ou j’expliquais qu’on pouvait mesurer son importance par rapport à l’horaire du rendez-vous. Eh bien, grâce à mes recherches, j’ai pu établir l’indice DHRV ou indice doigt d’honneur en rendez-vous. C’est une équation qui vous permet de tracer une courbe avec en ordonnée, l’horaire du rendez vous et en abscisse la durée du rendez vous.  Grace à cet outil très pratique il vous sera désormais très simple de savoir si le monde professionnel vous considère comme un gros caca ! Merci qui ? Merci Stany.

Sans titre

Et comme il faut bien finir par quelque chose et que je suis très content de ma blague scientifique, je dirais que le travail, c’est de la merde, ça dégage.

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