On s’était dit rendez vous dans dix ans…

Oui, vous ne rêvez pas, j’ai bien choisi le titre d’une chanson de Patrick Bruel en guise de titre. N’y voyez là aucune possession démoniaque ni même les effets d’une semaine de canicule qui ne ferait que commencer (sale temps pour les gros hein? (ta gueule)), non j’ai simplement fait ce clin d’œil à la culture populaire pour gagner du temps, tout de suite ce titre vous parle, vous avez compris j’en suis sur qu’on va parler des personnes qu’on n’a pas vu depuis longtemps.

Figurez-vous que la semaine dernière, j’ai revu des copains de l’ESRA. Je passerais volontiers sur le volet nostalgique: « c’était le bon temps, ils étaient jeunes, ils étaient beaux » ça n’aurait pas de sens. D’abord parce qu’évidemment c’était le bon temps, mais qu’en plus si la plupart était un peu plus jeune que moi (de 2 ou 3 ans ça va…), ils n’ont jamais été très beaux (Voila la private joke est faite je peux continuer mon texte (parce que figurez vous que les gens demandent à apparaître dans les billets maintenant… moi je dis oui en espérant qu’ils partagent (mon cul ils lisent même pas… alors partager.))). Je connais des personnes qui fréquentent encore tous les gens avec qui ils ont fait leurs études. Moi, comme je suis un as du réseautage, j’ai conservé que quelques relations avec les gens que je supportais à peu près, les autres sont tous passés par, au mieux la case « oubli », au pire par la case « lui? C’était un sale con j’ai jamais pu le blairer! Il fait quoi? Producteur? Il a du sucer! ».

Donc sur le papier, eux, ça me faisait plaisir de les revoir. Une précision encore, j’avais un peu arrêté de les voir quand j’ai commencé à bosser à monoprix. Vous le savez maintenant, je suis un gros jaloux et disons le franchement je vivais mal le fait de parler patates et salades avec des gens qui eux avaient réussi à se faire une petite place! C’est petit, c’est mesquin mais c’est comme ça. C’est donc pour des retrouvailles en grande pompe que je sors mon plus beau t-shirt en coton équitable et ma belle chemise a carreaux, espérant qu’on n’ira pas dans un bar trop cher ou qu’ils seront crevés et qu’on partira de bonne heure. Parce qu’étrangement, depuis 3 ans, ma situation a pas mal évolué mais pas mon porte monnaie… SUPER! Je vais devoir encore jouer la partition du mec fauché! Alors je décide de faire comme si de rien n’était, je vais pas jouer le rabat joie et je boirais une petite bière avant de me casser en mode ninja « je vais pisser… », pas con le mec!

A peine arrivé, BIM!

« On t’a  commandé une bière! »

Dans ces cas là, t’es à peine assis, tu viens juste de prendre une petite gorgée que tu sais déjà que les 10 balles que t’as dans ton porte monnaie ne suffiront pas, que tu vas te mettre minable (raisonnablement on est mercredi) et que tu vas sacrifier le budget de la semaine dans cette bacchanale délirante. Pour me prémunir de tout cela, presque pour me rassurer, je lâche un petit : » je partirais pas tard ». AHAH! Tu peux être sur qu’un mec qui te dit: « par contre je pars pas tard » c’est le mec qui partira le dernier. Sauf si sa volonté est plus forte… Mais c’est pas mon cas… Bref, je vais être obligé de jouer la partition du mec fauché et la :

« C’est pas grave on t’invite »

OH PUTAIN! Que j’aime pas cette phrase. Détrompez vous j’adore être invité… quand je sais que je vais pouvoir inviter à mon tour! La ça fait vieux mec qui revient après des années et se fait rincer la gueule. Et là, j’angoisse un peu parce que je me dis qu’est ce que je peux raconter? J’ai pas de thunes donc je peux pas mentir sur ma condition… Finalement je décide de me détendre, qu’elle importance tout ça, je suis quand même l’auteur de Ça dégage merde! Alors on prend des nouvelles des uns et des autres. On boit des bières… pas mal de bières… et finalement arrive le moment ou je n’ai plus rien à dire et où j’écoute enfin ce que les gens ont à raconter. 

Retrouver des amis, c’est parfois délicat parce que les années ont passé et si toi tu as été la proie de questionnements sur le sens de ta vie, il n’y a pas de raison que ça ne soit pas le cas pour les autres. En général, y a pas 36 façons d’évoluer et tu retrouves un peu toujours les mêmes archétypes:

Le casé

C’est celui qui a trouvé la femme de sa vie, qui, lassé de la vie parisienne, projette de quitter l’île de France afin de trouver une maison avec un grand jardin. Il se voit bien changer de vie, faire un nouveau métier parce qu’au fond la qualité de vie c’est le plus important. Il ne sait pas encore que bientôt mémère deviendra grosse, que les gosses changeront sa vie en enfer…

Le marié

La c’est une variante de la pire espèce des casés, c’est celui qui a eu un gosse sans que tu le saches ou qui s’est marié il y a peu. Celui ci est vraiment perdu… Il t’assomme avec ses histoires de mariage qui change la vie ou les anecdotes sur son gamin… Toi, t’écoutes mais tu t’en fous un peu parce que bon… tu t’en fous quoi… Tu rêves encore de drogues et de putes…

Le blasé

C’est celui qui se prend des races après le travail, qui va tous les jours au bureau en se disant: « faut que je fasse autre chose ». Il a de l’expérience, il est bien vu au taf mais il est toujours entouré de connards, on lui file toujours des stagiaires de merde. Il a des plans mais bon… faut être sur quoi… au final, il ne quitte jamais son boulot parce qu’il aime le pognon (comme tout le monde) et qu’il en faut pas mal pour qu’il se paye une cuite après le boulot.

Le raisonnable

Celui ci, tu te demandes ce que tu peux bien lui dire… Tu t’entendais bien avec lui c’est vrai mais aujourd’hui… Il a trouvé un taf alimentaire, il a fait le deuil de ses rêves de jeunesse et au final il s’en porte pas plus mal. Du coup il te regarde comme un ado attardé, pourquoi tu lâches pas? Tu serais mieux à la SNCF sérieux! Tu pourrais avoir un appart et même une voiture !

Et il y en aurait sans doute beaucoup encore mais moi je vais m’arrêter par là. Fort heureusement ma soirée ne s’est pas aussi mal passée et hormis un casé qui s’était insidieusement infiltré dans la réunion, j’ai pu constater que mes petits camarades n’avaient pas tellement changé. Ils avaient juste l’air plus fatigué qu’avant, un peu plus gros aussi, rien de bien différent avec ce que je vois dans ma glace le matin. Pas de choc donc, si ce n’est l’addition (160 euros) ils auraient pu nous faire crédit pour nos retrouvailles, les additions c’est de la merde ça dégage.

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