« Je suis chômeur et je n’ai pas besoin de trouver de travail puisque j’ai la belle vie »

C’est devenu un véritable rendez vous. A chaque début de mois, les journalistes assemblés analysent les chiffres du chômage à grand renfort d’experts et de politiciens censés trouver des solutions à ce problème qui dur depuis 15 ans. Et à chaque fois on a le droit à des « de toute façon les chômeurs sont trop payé », « il faut installer plus de contrôle » et même récemment on a eu une magnifique motion qui permettait aux agents de pole emploi de venir fouiller dans les comptes des chômeurs! Même sans s’intéresser à la politique, il est difficile de ne pas s’indigner contre cette décision, retirée et mise en débat… Vous me direz, voila une introduction bien sérieuse, eh bien figurez vous que je fais parti de ces chômeurs qu’on veut moins payer, de ces feignants qui ruinent la France. Et pourtant, malgré ce que pense les politiciens et les cons, je ne suis pas heureux d’être chômeur, je fais en sorte de m’en sortir et j’ai besoin de le dire.

« T’avais qu’à faire un vrai métier », les branles couilles que nous sommes ont forcement entendu une fois ce genre de remarques. On en a déjà parlé plein de fois, effectivement choisir de faire un métier avec aussi peu  d’accès n’était sans doute pas la meilleure des idées dans un monde difficile où le travail est rare et où on mesure l’utilité d’une personne à l’utilité de son travail.  Alors forcement si on regarde les cv de ces messieurs qui font de la politique, on se rend compte que Bruno Le Maire est un haut fonctionnaire de profession, tout comme Florian Philippot et Benoit Hamon (mes propos ne sont pas politique (je ne parle politique qu’avec des gens qui savent de quoi ils parlent (autant dire pas avec des cons sur internet))), visiblement ces mecs là, ils ont choisi la filière idéale pour éviter le chômage, disons le franchement, ils se sont trouvé une planque, tout le monde le pense alors je le dis.  Mais aussi étrange que cela puisse paraitre (ceci est de l’ironie), les gens ne cherchent pas à être chômeur, messieurs les cons, au contraire.

C’est marrant, quand tu vois des potes il arrive toujours un moment où tu viens à parler boulot. Toi, quand tu as un boulot dans ces cas là, tu fais le cador ! Tu bosses toujours avec des cons, tu sauves toujours la situation, c’est limite si tes collègues, masculins comme féminins, ne viennent pas te sucer tellement ils sont plein d’admiration. Et puis un jour tu te retrouves au chômage et là tout change…

« Quel connard ce Berthier, faut toujours qu’il l’ouvre résultat il nous a fait perdre un gros marché »

« Nous on a vendu un stock de viandes avariées, je pensais mal le vivre et puis en fait j’y pense plus »

Et là les regards lourds se tournent vers toi… alors tu bafouilles, t’hésites à faire comme si de rien n’était et puis tu te lances.

« Elle est pas si mal l’émission de Stéphane Bern… »

« Secret d’histoire ? »

« Non comment ça va bien… ça passe a 15h »

Voila c’est lâché. Maintenant aux yeux de tes amis  t’es plus que le chômeur de merde, le profiteur qui regarde la télé pendant qu’ils travaillent eux ! Très vite, tes indemnités vont baisser parce que tu mets trop de temps à trouver du taf mais après tout, t’as fais des études, pas merveilleuses certes, c’est pas l’ENA, mais tu mérites un poste à ton niveau… Ca tout le monde peut le comprendre, tes potes, tes parents, ils te diront tous « c’est sur hein ». Mais bon très vite, tes potes t’inviterons plus hein…  parce qu’avant t’étais le gros marrant toujours partant mais maintenant tu comptes tes sous et bien vite t’es plus Stany « il est trop marrant ce con » mais Stany « il est vraiment radin ça va c’est qu’un resto… ». Et quand tu fais l’effort de sortir, que tu te résous à manger des raviolis en boite le reste du mois, que tu te décides à affronter le monde alors enfin tu te retrouves entouré de gens qui ne parlent que de travail. Le serpent, la queue. Le chômage, c’est vraiment excluant, c’est un marqueur social et quand tu ne travailles pas tu te retrouves bien vite hors de la société et ce n’est même pas une question d’argent.

Alors bien sur, moi je me reconnais pas vraiment dans le cas cité au dessus, parce que moi je travaille. Même si toute la sympathique équipe du pole emploi 92 semble en douter, je travaille. Bien sur c’est occasionnel mais chaque mois je fais un petit pas de plus, je fais un petit contrat par ci par la. Oui c’est long et à 30 ans on aimerait que ça aille vite mais c’est comme ça. Et puis il y a des semaines, comme celle-ci, qui commence vraiment, vraiment, très mal et qui vous passent l’envie de faire des efforts. Je suis au RSA, c’est un secret pour personne. Toujours dans l’optique de m’en sortir j’ai monté une auto entreprise. QUI EST LE CONNARD QUI A INVENTE UNE MACHINE A GAZ PAREILLE !!!!!! Sérieusement le mec doit être fou en fait ! Vous déclarez sur le site de l’URSSAF et vous dépendez du RSI, vous recevez un K et un numéro de SIRET, en principe si vous n’avez aucune notion de comptabilité comme moi, vous devez déjà être paumé. MAIS, il faut chaque mois faire une déclaration de ce que vous avez gagné même si vous n’avez rien gagné (très utile donc…) et si vous avez gagné quelque chose vous devez faire le calcul vous-même pour savoir ce que vous devez… OUAH TROP FACILE MERCI ! Mais c’est pas fini parce que, les organismes entre eux peuvent pas communiquer non, il faut prévenir le pole emploi, lui donner un tas de papiers, prévenir la caf et lui donner un autre tas de papier mais ça tu le sais que quand on décide de te couper tes aides. En gros on te remercie de vouloir t’en sortir en te faisant encore plus chier, en te harcelant de merdes pour que tu n’ais plus le temps que de penser à l’enfer administratif qui te tombe dessus et qu’enfin, abattu tu décides de faire un vrai métier. Non, vraiment, une belle invention le statut d’auto entrepreneur. Je le comprends Thomas Thevenoud finalement (mais on aura peut être l’occasion d’en reparler). Etre auto entrepreneur ça t’apportes des soucis mais ce n’est pas vraiment un boulot à moins d’atteindre les 41000 €… Du coup ça ne te dispense pas d’aller aux rendez vous pole emploi. Un moment savoureux où on te prend pour un débile.

« Vous avez besoin d’un perfectionnement en français peut être… »

« Je suis auteur… »

Et je ne suis pas mécontent de ne plus avoir à faire les rendez vous insertions de la ville de Paris… Tout est dégradant dans ces rendez vous ! Le mot « insertion » est dégradant à lui seul. Tout ça parce que ta carrière est longue a se lancer.

Alors figurez vous que j’ai du décaler mon billet de mardi à aujourd’hui parce que j’ai trop de travail cette semaine. Ce n’est pas du travail payé, c’est des réunions, ça devrait payer un jour ou l’autre, mais c’est du travail quand même. Et après ça l’état veut encore fourrer son nez dans mes comptes en banque ?  Y a pas à dire, on est vraiment bien au chômage, c’est vraiment la belle vie ! Et parce qu’on n’est pas dans les misérables, je me passerais du couplet  « comment vivre avec un RSA à Paris ». Ça serait donner trop d’importance à ceux qui, persuadé d’incarner la France qui travaille, affiche bêtement des certitudes basées sur leur propre connerie et leurs à priori. A tous les cons qui pourrait continuer à que « les chômeurs ils ont la belle vie », je vous crache dans le cul, le chômage c’est de la merde, ça dégage.

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