J’ai croisé Adriana Karembeu dans mon hall.

Et voilà comme tous les dimanches je me demande de quoi je vais vous parler… Ça fait quoi… trois semaines que j’écris et je suis déjà à sec? pas fameux dis donc… Surtout que je me rends compte que la fréquentation du blog baisse un peu maintenant que l’effet de surprise est passé. Au départ, j’écrivais pour écrire et maintenant j’écris pour vous plaire, du coup je me dis que si la fréquentation baisse c’est que ce que j’écris ne vous plait plus… voir pire… La perspective de devenir un blog à la mode dont on parlerait dans les inrock entre une honnête annonce de casting et un petit concert punk bien innocent s’éloigne à grand pas!

J’avais pas mesuré combien tenir un blog était compliqué… Parler de soi c’est une chose mais rendre ça intéressant c’est assez difficile finalement. Et du coup un peu triste, parce qu’en arriver à taper « j’ai croisé Adriana dans le couloir » c’est sous entendre qu’entre jeudi midi et aujourd’hui je n’ai rien fais qui mérite d’être raconté (la réalité c’est que j’ai fais plein de trucs mais que je n’ai pas envie de vous donner en pâture ceux qui partagent mon quotidien (ou pas en groupe… (ouais prit un par un j’ai p’tet une chance (et encore…)))). C’est vrai que j’aurai pu parler de la soirée de jeudi, évoquer le bar hors de prix que nous avions choisi pour boire un verre avec l’équipe Shaaker mais au fond, est ce que parler du prix des consommations, râler sur un cheeseburger à 20e ou faire quatre paragraphes sur le fait que la musique était trop forte  et que comme je suis sourd j’entendais rien, serait suffisant pour que vous continuiez à m’abreuver de vos compliments. Pas sur…

Clairement le défi est énorme. Alors je commence à me creuser la caboche. On a déjà dormi une heure de moins et en plus y a un docu sur les canards (ou c’est ptet des oies (à cause de vous je peux pas suivre)) autant dire que j’ai le cerveau qui marche au ralenti. Je fais la liste de mes aventures depuis jeudi midi… Prendre un verre on a dit qu’on passait… Il me reste: « prendre le bus » et « aller à la laverie ». Je me demande si au lieu de me faire chier à écrire je devrais pas me filmer en selfie avec mon téléphone et faire des podcasts… « vous avez remarqué quand on va à la laverie, y a jamais de sèche-linge libre quand c’est à toi ». Pas sur qu’avec ça je fasse le million de vues, mieux vaut que je reste à l’écrit. Il ne me restait qu’un seul événement digne d’intérêt, un instant people de haute volée: hier j’ai croisé Adriana Karembeu dans mon hall d’immeuble.

Je vous rejoue la scène: moi je sors du couloir qui mène à la cour, elle elle commence à monter l’escalier. Elle se retourne surprise, moi je lève les yeux, étonné. Nos regards se croisent. Soufflée, elle ne dit rien. Moi, grand prince, je lâche un : »Bonjour… » plein de classe. Elle reprend son ascension, je passe la porte. Épiphanie. J’ai bien senti que je lui avais donné du plaisir et qu’elle n’avait jamais été regardé comme ça.

Comme je ne pouvais pas déjà annoncer un « Ça dégage » nouvelle formule, plus vulgaire et plus trash, parce que c’est encore un peu tôt, je me suis rabattu sur un grand classique de la presse, la tarte à la crème des salles d’éditions, la truelle de nos amis journalistes qu’ils écrivent aux très sérieux « Ici Paris » et « France Dimanche »  ou au très 2.0 « jeanmarcmorandini.com », à savoir le titre racoleur! A ce moment, j’entrevois la somme de vos commentaires grivois, des grossièretés à faire rougir des marins ivres morts, allant du très sobre « elle est bonne? » au plus familier  » tu l’a baisé? », cette cascade ordurière devant se finir sur un ignoble « j’espère que tu lui as craché dans le cul! » que quelques esprits, persuadés d’être malins, écriront avec jubilation. A cet instant, mon regard se pose sur mes livres de poésie et je me dis: « est-ce que c’est vraiment ça que tu veux? ». Oui toi le poète, le lettré, tu veux vraiment lâché en pâture à ces internautes priapiques et écumants une belle et lumineuse vestale que tu n’auras fait qu’entrevoir, que tu auras timidement salué, es-tu bien sur que tu veux l’abandonner à ces commentaires outrageux  pour un médiocre billet de blog?…

La réponse est oui. Désolé Adriana. Je suis sur que ce titre va attiré tous ces connards qui, au lieu d’aller voter, reste en survet’ à lire le billet d’un type aussi désespéré qu’eux. Je suis sur qu’on se couchera tous ce soir en se disant:  » finalement ma vie n’est pas si mal comparé à celle des autres… » avant de lâcher une petite caisse. Lundi est un autre jour, un autre jour de merde mais en attendant, le dimanche, ce bâtard, il dégage!

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Un commentaire sur « J’ai croisé Adriana Karembeu dans mon hall. »

  1. Toujours fameux vos billets cher cracheur au cul. Toujours un fier moment, il faut trouver la bonne formule mais c’est toujours agreable à lire meme pour un type qu’a pas le temps comme votre serviteur.

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