Cette fausse bonne idée: le travail à la maison.

Il y a quelques années, j’avais vu un reportage sur je ne sais plus quel mec (une sorte d’avatar de Steve Jobs (c’était p’tet lui)) qui disait avec fierté: « Dans quelques années tout le monde pourra travailler de chez lui »,  sous entendu, « plus besoin de commencer sa journée en reniflant les dessous de bras d’un gros type avant de se farcir les gueules de cons de ces peaux d’harengs avec qui que je bosse surtout que Monique elle a pas voulu me laisser août alors qu’elle a pas d’enfants et que moi j’ai demander août pour partir avec Christine dans la maison de vacances à ses parents avec les enfants ».

AHAH! grosse erreur de prédiction monsieur le petit génie! Travailler à la maison c’est sans doute super quand on est designer ou architecte, qu’on habite un 80m² à central park et qu’on peut marcher pieds nus jusqu’à la cuisine pour se boire un thé équitable. Mais moi, qui peut regarder la télé sur les cabinets ou prendre ma douche tout en me faisant à bouffer, j’affirme sans crainte que non, passer la journée dans la même pièce c’est pas super! Surtout quand le peu d’espace te contraint à tout entasser et donc à parasiter ton espace de travail de tout un tas de conneries (allant des fléchettes nerfs pour faire hypster aux figolus pour faire attention à sa ligne). Plus vicieux encore, la ou Steve Jobs ( il est mort mais on va cogner un peu sur son cadavre) peut faire une pause dans son travail, toi tu peux pas, tu fais ta pause exactement là ou tu travailles comme ça t’as pas l’impression de faire de pause.

Dans « Citizen Four » (si vous ne l’avez pas vu je vous invite a le voir) on apprenait que les drones américain étaient pilotés depuis la base aérienne de Ramstein. La raison en est simple, pour pouvoir faire la guerre et tuer des gens, les soldats ont besoin, à la manière des plongeurs, de passer des paliers de décompression. Les pilotes de drones autrefois basé en Californie se levaient le matin, embrassaient leurs petites familles avant d’aller tuer des gens. Ils revenaient tranquillement le soir à la maison et rebelote le lendemain. Ceci à fini par causer des syndromes de stress post traumatique, on a donc déplacé les pilotes de la Californie à l’Allemagne, la distance faisant office de palier. Pourquoi je vous parle de ça? (si vous ne voyez pas ou je veux en venir vous êtes un peu cons) Bosser chez soi à priori c’est super mais comment fait on pour faire la part des choses? Moi je suis humoriste sur internet, où se trouve la limite entre « je regarde ce qui se fait sur Youtube » et « je glande sur Youtube »? Je vous confirme que la limite est très ténue. Résultat, y a des jours je glande rien… J’en viens a regretter de ne pas aller tous les jours au bureau, pas parce que je n’aime pas être chez moi, j’y suis très bien, mais juste parce que ça permettrait à mon corps de savoir que je vais au travail ce qui, avec du pot, pourrait inciter mon cerveau à se dire la même chose et peut être que certains jours j’arriverais a faire un truc potable voir même, osons le mot, bien.

Je vais finir par vous avouer un truc vraiment sale… j’en ai mal au cul rien que d’y penser mais… c’est cool d’avoir des collègues. Alors oui quand on en a c’est l’horreur, mais quand on en a pas, c’est le silence. Absolu. Alors tu t’abonnes a 10 000 podcasts pour meubler le silence mais bon c’est pas Jean Lebrun (sur quelle radio?) ni Laurent Ruquier (ouais j’écoute les grosses têtes et alors?) qui se marreront à mes vannes. Et ça, c’est plutôt dommage parce que ça m’arrangerais bien d’avoir un public de temps en temps.

Et c’est a ce point de détail auquel je veux arriver. Notre Steve Jobs du début n’a certainement pas besoin de quelqu’un pour rire de ses blagues, trop occupé qu’il est a se renifler le cul mais j’ose croire que le reste du monde a besoin de sociabiliser. Et qu’on le veuille ou non aller au bureau c’est un bon moyen pour sociabiliser, sortir de sa bulle, trouver l’inspiration ailleurs que dans sa propre sphère de connerie. Je ne crois pas qu’on puisse créer quelque chose de valable tout seul, on peut avoir des pistes, s’approcher de quelque chose de bien, mais pas beaucoup plus.

Stevie, mon grand, ce n’est pas le lieu de travail qu’il faut changer mais le travail lui même pour qu’il soit plus agréable (tu t’en branles t’es mort maintenant (et si c’était pas toi je m’excuse)). Et moi je veux retourner au bureau, mettre des fléchettes nerfs dans la gueule de mes collègues, pourrir leur mur facebook, tremper ma bite dans leur café, être accusé de harcèlement sur la réceptionniste mais surtout pouvoir travailler un peu tous les jours (et pour un feignant comme moi c’est pas gagné).

le travail à la maison, c’est de la merde, ça dégage.

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2 commentaires sur « Cette fausse bonne idée: le travail à la maison. »

  1. T’as qu’à donné des noms aux choses ! Tu te rendras vite compte que Gérard le vieux morceaux de pizza qui traîne derrière l’ordi ou Josette la canette dans laquelle tu bourres des détritus depuis deux semaines, sont des collègues tout ce qu’il y a de plus décent.

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